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Le manifeste du bon bivouac

Parce que le voyage à vélo ce n’est pas seulement quelques coups de pédales.

Le voyage à vélo au long cours implique naturellement de poser bagage entre chaque étape. Nous aurions pu trouver une petite auberge pour y passer la nuit, chaque soir. Nous avons préféré privilégier le retour à la nature en choisissant le bivouac sauvage. Principalement parce que cela nous donne l’opportunité de dormir dans des lieux qui suscitent émerveillement et contemplation.

Cependant, c’est un choix qui demande temps, énergie et prise de décision. En effet, préparer un bivouac se fait bien avant de poser le campement. Il est important d’anticiper plusieurs points essentiels au cours de la journée :

S’approvisionner en nourriture

Dans les régions urbanisées, nous prévoyons généralement les repas du soir et du lendemain matin pour éviter de se surcharger. Dans les régions plus sauvages, il est nécessaire d’anticiper les provisions pour l’ensemble des repas, le temps de relier un nouveau village avec une supérette.

S’approvisionner en eau

Chaque fin de journée marque la chasse à l’eau nécessaire à la cuisine du repas du soir et à la préparation du café du lendemain matin. Trouver une fontaine pour remplir nos poches à eau s’avère parfois délicat et vient puiser dans les dernières réserves d’énergie de la journée. Lorsque nous sommes en autonomie complète, nous nous approvisionnons dans les rivières et ruisseaux grâce à notre filtre à eau.

S’approvisionner en combustible : Gaz, essence

Il est parfois rare de trouver des bouteilles de gaz en dehors de l’Europe, nous avons donc préféré utiliser l’essence comme combustible pour nos réchauds de cuisine. Nous constatons que cette alternative est plus économique et produit moins de déchet que le gaz. Un petit arrêt à la pompe à essence avec nos vélos suffit pour éveiller la curiosité des automobilistes.

Trouver l’endroit adéquat

Le lieu du bivouac est un endroit stratégique pour passer une nuit paisible et réparatrice. Il est donc important de garder en tête quelques points clés :

1/ Etre à l’abri des regards, le camping sauvage étant parfois interdit dans les pays que nous traversons. C’est d’autant plus dur dans les villes et les régions fortement urbanisées : Nous avons en effet eu quelques fois la chance de côtoyer la police locale à des heures tardives.

2/ Avoir un sol plan pour planter les sardines qui tendent la toile et drainant pour évacuer correctement l’eau en cas d’orage : Même si nous avons des matelas gonflables, nous préférons éviter de se faire réveiller par la montée des eaux.

3/ Etre à l’abri du vent et de la pluie. Cela peut être un bosquet, un grand arbre, une avancée de toit, une ruine ou encore un abri de bus : Pourquoi se priver quand on peut profiter du patrimoine historique local.

4/ Chercher la plus belle vue (Cerise sur le gâteau) : Parfois difficile quand on finit par dormir dans un local poubelle.

Il est intéressant de constater, au sein du groupe, que le lieu de bivouac est régulièrement un sujet de discussion animé pouvant parfois mener à quelques chamailleries. Lorsque plusieurs options intéressantes se présentent à nous, chacun doit alors motiver son choix et préparer son argumentaire.

Voyager à plusieurs est une chance pour s’organiser et se répartir les différentes tâches du soir. Pendant que certains montent les tentes, les autres peuvent démarrer la préparation du repas.

Préparer la cuisine ambulante

Nous utilisons des réchauds à essence qui nous permettent de cuisiner dans la plupart des conditions météos. Cependant, ils nécessitent quelques manipulations avant de les utiliser et une maintenance régulière. Il est dont important d’être consciencieux et précautionneux pour éviter de se retrouver à croquer les pâtes du repas du soir, une par une, à défaut d’une cuisson al dente.

Monter les tentes et préparer le couchage

Chaque soir, lorsque nous déplions les tentes, c’est un peu comme si nous installions notre maison éphémère. C’est d’ailleurs une des seules choses qui reste invariante dans un paysage qui n’est jamais deux fois le même. Lors du montage, il faut tâcher d’être précautionneux avec les arceaux qui assurent la structure de la tente, et bien tendre les toiles pour se protéger efficacement contre la pluie et le vent. Enfin, il ne faut pas oublier de mettre à l’abri le matériel de valeur : Et oui, le bivouac c’est beaucoup de précautions.

NB : Il peut être intéressant de se renseigner sur la météo du lendemain pour anticiper l’arrivée des précipitations : on pensera à ne rien laisser dehors par terre, et à bien fermer toutes les sacoches pour éviter les désagréments.

Préparer la recette du soir

En tant que bons vivants, nous aimons prendre le temps de bien cuisiner le repas du soir. C’est le moment idéal pour se réunir et se remémorer les moments marquants de la journée. Nous essayons la plupart du temps d’acheter des produits du coin et de varier les plats pour concocter des recettes appétissantes. Force est de constater qu’après une longue journée de vélo, tout devient appétissant. Nous avons aussi été surpris de voir augmenter petit à petit les quantités ingurgitées au fil des premiers jours de voyage. Il devient alors presque facile de manger plus d’1 Kg de pâtes à cinq.

Faire un feu de camp

Le bivouac hivernal est rude et intense lorsque les températures sont négatives. Le peu de temps passé inactif et statique suffit pour épuiser les corps fatigués de la journée. Si l’on veut éviter de filer tout droit dans son sac de couchage, faire un feu de camp est une bonne idée pour profiter davantage de la soirée.

Sécuriser les vélos pour la nuit

Qui veut voyager loin, ménage et protège sa monture. Parfois perdu au milieu de nulle part, nous sommes tentés de ne pas attacher nos montures. Cependant la raison finit par l’emporter, en nous rappelant que le vol nous couterait bien plus qu’un petit tour de clé.

Enfin, il est l’heure d’aller rejoindre son lit de fortune et de souhaiter une bonne nuit à ses camarades de voyage. Les souvenirs vagues et lointains de notre lit douillet laissé en France laissent rapidement place à l’excitation de la journée du lendemain.

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Pierre | 23/03/2018